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dimanche 4 décembre 2016

Le moulin des damnés, de Maurice Limat



Une nouvelle enquête de Teddy Verano qui se retrouve, cette fois-ci, confronté à des sorcières !
Alors qu’il rentre chez lui, notre détective se trouve face-à-face avec un homme fouettant une demoiselle. Bien sûr, en bon gentleman, il sauve la mise de cette dernière et apprend qu’en fait, l’homme était le frère de la pauvre femme et qu’il tentait d’extirper le démon. Un sort aurait été jeté sur la jeune fille par une sorcière qui lui aurait pris, en plus, son fiancé.

Une enquête menée tambours battants par un Maurice Limat habitué à nous livrer de telles histoires. Si l’ensemble est un peu convenu et la fin prévisible, on prend tout de même bien du plaisir à lire ce roman sombre.


J’ai, personnellement, beaucoup d’affection pour la collection « Angoisse » de chez Fleuve Noir et ce roman est bien dans la ligne éditoriale de la collection. On ne peut décrocher de cet ouvrage tant qu’on n’a pas la fin mot de l’histoire. Un roman de gare, certes, mais de très bonne facture. Le style, limpide, l’écriture, alerte, l’histoire, passionnante. En bref, si vous avez l’occasion de le trouver chez un bouquiniste, n’hésitez pas !


mardi 28 juin 2016

Prince captif de C.S. Pacat

 
Prince Captif est l'histoire de Damen, prince héritier d'un royaume qui est kidnappé et envoyé comme esclave de plaisir chez le prince Laurent dans un royaume officiellement allié, officieusement hostile. Entre tentatives d'évasions, intrigues de cour et parties fines, le jeune prince qui doit cacher son identité aura fort à faire s'il veut survivre.

Un roman fantasy, très clairement tourné Young Adult/Romance, mais je dois le dire, très bien écrit. Un style fluide servi par une histoire haletante font de cet ouvrage une œuvre de détente idéale. Malgré le côté un peu timoré dans les scènes osées, l'auteur nous offre une prouesse : un héros fantasy bisexuel. Chose assez rare pour être mentionnée même si depuis l'explosion des ebooks, nous voyons enfin fleurir des livres avec des personnages principaux gays et... virils.

Loin d'être une simple romance, ce livre est avant tout un roman fantasy réussi où les intrigues se taillent la part belle.

À mettre entre toutes les mains.



samedi 25 juin 2016

Souffre-Jour, de Mathieu Gaborit




Premier tome des Crépusculaires, Souffre-Jour est aussi le premier volume sorti en poche chez Mnémos. Au départ, je l'ai acheté un peu au hasard, voulant lire davantage de Fantasy ; et je ne fus pas déçu.
Le début de lecture a été un peu âpre, un style assez saccadé et beaucoup de noms propres n'aidant pas à s'immerger dans l'univers de M. Gaborit. Cependant, après dix petites pages, nous voilà happé par l'univers fantasy de l'auteur. Écrit à la première personne, ce bref roman de 185 pages nous conte le départ d'Agone, jeune héritier d'un baron, pour une école nommée Souffre-Jour. Cette école, semi-légendaire, souffre d'un mal que je ne vous dévoilerai pas. Agone, étudiant de l'école Préceptorale, ne souhaitait pas aller au Souffre-Jour mais afin d'avoir l'assentiment post-mortem de son père à devenir Itinérant (à savoir enseignant itinérant) doit y passer six jours. Un défi qu'il est prêt à relever.

Si le style n'est pas exceptionnel, si l'histoire n'est pas d'une originalité totale, on se laisse volontiers immerger dans ce roman aux charmes multiples. L'imagination de l'auteur, le style qui devient relativement alerte au fil des pages font de ce roman une bonne lecture estivale. Garantie avec magie, fées et rapières (arme blanche) pour le plus grand plaisir des lecteurs de Fantasy.

Si j'avais un reproche à adresser à ce livre, ce serait les trop nombreuses coquilles qui s'y baladent. Mais Mnémos se rattrape largement par le fait même de publier de la fantasy française dans un format poche accessible à toutes les bourses.

En somme, je conseille ce roman aux amateurs de fantasy.

vendredi 24 juin 2016

Le Grand Projet de Domenico Maccari..., de Gaia Guasti

Le Grand Projet de Domenico Maccari dit le copiste, peintre sans talent est un roman sorti en avril 2016 écrit par Gaia Guasti et publié aux éditions Thierry Magnier. L'auteur, habituée à la littérature jeunesse nous livre ici son premier roman "généraliste" ; on sent cependant l'auteur jeunesse derrière cette plume talentueuse.
Dans un village d'un pays méridional (en fait, l'Italie), la tramontane souffle sans cesse ; tout s'envole ; les enfants sont attachés à des cordes pour ne pas s'envoler et, de sa tour, les seigneurs Torre, de Santamutine, toisent le peuple.
Un roman aux accents mythologiques, empreint de contes et de légendes fabuleuses, de tyrans sanguinaires, de saintes prostituées et de peuple révolutionnaire. Un mélange particulièrement agréable avec une succession de brefs chapitres comme autant de contes merveilleux. Mais le fil rouge demeure : le jeune Antonio Torre, doctorant, revient à Santamutine écrire sa thèse et tombe sous le charme d'une demoiselle tandis que sa tante, Bianca Torre, fabrique dans le plus grand secret une machine.

Ce roman de Gaia Gusti peut être lu aussi bien par de jeunes lecteurs que par de plus mûrs et, même si le style n'est pas transcendant, l'histoire est tellement originale qu'elle vaut le temps passé à lire ces deux cents pages, trop brèves à mon avis. Un monde de légendes qui est donc ouvert à tous et qui émerveillera par son imagination plus d'un lecteur.

jeudi 23 juin 2016

La montagne magique, de Thomas Mann



La Montagne Magique est certainement l'œuvre et le chef-d'œuvre le plus connu de Thomas Mann. Je ne vais donc pas écrire ce qui a déjà été dit et redit à son propos, ni même tenter une nouvelle interprétation ; ce n'est ni de ma compétence, ni de mon souhait.

J'ai vraiment adoré cet ouvrage et c'est un grand coup de cœur, tant la prose, quoique désuète, m'a plu. Plus que la forme, c'est le fond qui importe ici et les aventures de Hans Castorp, jeune allemand qui rend visite à son cousin au sanatorium Berghof pour finalement y être admis comme malade, sont passionnantes en plus d'êtres instructives. Qu'il s'agisse des interrogations du narrateur ou des discussions enflammées entre Settembrini l'humaniste et Naphta le révolutionnaire conservateur, on prend un plaisir fou à découvrir ces modes de pensée, à s'immerger avec eux dans leur monde de pédagogues ; on prend partie pour l'un puis pour l'autre, on s'intéresse à chaque fois.
Outre le caractère évidemment philosophique et introspectif du livre, nous découvrons en même temps la sociabilité au sanatorium, la sociabilité entre malades. Cette étude de la relation sociale entre personnes atteintes d'une pathologie est certainement la plus poussée jamais écrite. Les relations amoureuses entre Castorp et Clawdia Chauchat, l'amitié qui lie les cousins Castorp et Ziemssen ou encore l'admiration pour Peeperkorn de la part du jeune héros sont autant de pas vers une meilleure appréhension du lien social entre ces tuberculeux. La maladie est souvent signe d'exclusion, notamment de la part des gens en bonne santé, mais ici, c'est l'inverse qui se produit puisque les malades sont majoritaires et qu'ils n'hésitent pas à snober pour peur à peu oublier le pays plat, dans la vallée, là où les biens portants séjournent et là où ceux-ci ne peuvent pas comprendre le mode de vie du sanatorium.

En somme, c'est un ouvrage majeur que j'ai eu entre les mains et je suis bien heureux de l'avoir lu, même s'il m'a fallu un peu de temps pour venir à bout de ces 1000 pages denses. Ceci dit, ce fut un plaisir et parfois un émerveillement.
Une lecture que je recommande vivement.