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mercredi 26 avril 2017

Le mystère Henri Pick - D. Foenkinos

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Ce roman conte l'histoire éditoriale d'un... roman. Mais pas n'importe lequel. Une jeune éditrice parisienne, en vacances en Bretagne, découvre un manuscrit dans une bibliothèque un peu particulière : elle accepte tous les manuscrits refusés. Elle considère d'emblée ce manuscrit comme un chef-d'oeuvre. Problème ? Il aurait été écrit par un pizzaïolo qui n'a jamais lu de sa vie.

Un roman amusant, une histoire intéressante et une écriture alerte sont les principaux ingrédients de ce livre. D'ailleurs, il se lit très (trop) vite, l'écriture est un peu lisse. Mais on prend quand même du plaisir à lire ces pages. Les personnages, un peu caricaturaux, sont cependant attachants.


J'ai cependant regretté qu'une fois le livre refermé, l'on commence d'emblée à oublier tout ce qu'il contient. C'est une oeuvre éphémère si l'on veut. Malgré ses qualités, ce roman s'évapore et est assez, il faut le reconnaître, insignifiant. J'ai largement préféré Charlotte du même Foenkinos.

mardi 18 avril 2017

Journal d'un curé de campagne - G. Bernanos

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Avant ce roman, je n'avais jamais ouvert un livre de Bernanos. Mais, il y a quelques années, j'ai vu le film adapté de ce livre par Robert Bresson. Quel émerveillement ! Tant d'émotions dans ce film, dans cette histoire, que lors d'une escapade parisienne, je me suis procuré une modeste édition de poche de ce roman, un peu par hasard.

Autant dire tout de suite que j'ai dévoré ce livre. Il conte l'histoire d'un jeune curé du Nord qui se décide à tenir un journal de sa vie. Cependant, il est incompris. Il mange peu, souffre beaucoup, et est d'une candeur enfantine. Ainsi est-il haï par quelques personnes qui ne le comprennent pas. Ce curé, qui au fond est presque un saint, nous raconte son histoire dans un journal destiné avant tout à lui-même. Il y livre ses doutes, ses angoisses, ses pérégrinations, ses souffrances comme ses quelques joies.

Le style est éblouissant mais c'est surtout la profondeur de ces écrits qui frappe le lecteur. Bernanos semble avoir une profonde connaissance théologique, mais surtout un profond amour pour la simplicité et les simples. C'est dans ce monde épuré qu'apparaît ce personnage d'une simplicité, d'une honnêteté qui ne peuvent le guider qu'à une forme de martyre. Tel est le destin de ce curé de campagne.

Un roman qui m'a marqué, qui m'a ému, qui m'a fait sourire parfois, mais qui, surtout, m'a bouleversé.


vendredi 2 décembre 2016

Le baiser du rasoir, de Daniel Polansky

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J’ai acheté ce livre lors de la GrosseOP Bragelonne sans trop savoir à quoi m’attendre. En effet, j’aime la fantasy mais je n’en lis jamais ou presque. J’ai tenté le coup et je ne suis pas déçu du voyage.
Cette histoire conte l’aventure (ou la mésaventure ?) d’un dealer de drogue, ancien « policier », qui se retrouve à enquêter sur des disparitions et meurtres d’enfants. Des forces occultes seraient à l’œuvre derrière ces meurtres sacrificiels !

Dans un style fluide, l’auteur nous mène du début à la fin dans son univers un peu glauque, parsemé de drogues, de coucheries, et autres. Le héros est clairement un anti-héros et cela est plaisant à lire car on sent qu’il a malgré tout bon fond bien qu’il ne soit en rien un modèle à suivre. Si l’intrigue est en soi commune, c’est le style et l’originalité de l’univers qui permettent au lecteur d’être happé par le roman et de n’en sortir qu’une fois le livre achevé.

Ce roman est le « premier tome » d’une série, mais il se suffit à lui-même, heureusement car rien d’autre n’est paru dans notre langue. De quoi franchement hésiter à passer à l’anglais directement pour avoir d’autres aventures de ce quartier nommé « Basse-Fosse ».

Pour faire court, c’est un livre que je recommande bien sûr aux amateurs de fantasy mais aussi à ceux qui se plaisent à lire des romans noirs, des romans populaires. Un titre intéressant, qui vaut le détour. À découvrir !



mercredi 30 novembre 2016

Naissance de l'Odyssée, de Jean Giono

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Mon avis : Giono et moi, c’est une longue histoire et je dois dire que cette fois-ci, je m’étais préparé à entrer dans son monde. J’ai, depuis plusieurs années, gagné en maturité et avais grandement apprécié Le hussard sur le toit.
Naissance de l’Odyssée compte l’histoire « vraie » d’Ulysse, un coureur de jupons qui préférait courir les femmes entre les îles plutôt que de rentrer retrouver Pénélope. Mais voilà qu’un soir, au coin du feu, on l’annonce comme mort et lui, incognito, dément formellement et invente des aventures fabuleuses. Ces aventures sont reprises par les chanteurs. Peu avant, il apprend que sa femme a un amant et, tout à coup, il la trouve plus désirable et désire retourner dans ses bras, à Ithaque.
Cette histoire, magnifiquement contée par un Giono styliste, expérimental, qui nous fait de la poésie en prose, est palpitante. On rit du début à la fin grâce à la finesse de l’auteur et aux situations pour le moins cocasses. Surtout lors du retour de Télémaque… mais je n’en dis pas plus !


A lire pour les amoureux de Giono, de la Provence (car l’histoire, bien que se passant à Ithaque ou ailleurs dans les îles grecques, semble dépeindre la Provence) et de la littérature en général.


lundi 31 mars 2014

Lolita, par Vladimir Nabokov

 


Quatrième de couverture: «Ainsi donc, aucun de nous deux n'est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière, et je puis encore t'interpeller d'ici jusqu'en Alaska. Sois fidèle à ton Dick. Ne laisse aucun autre type te toucher. N'adresse pas la parole aux inconnus. J'espère que tu aimeras ton bébé. J'espère que ce sera un garçon. J'espère que ton mari d'opérette te traitera toujours bien, parce que autrement mon spectre viendra s'en prendre à lui, comme une fumée noire, comme un colosse dément, pour le déchiqueter jusqu'au moindre nerf. Et ne prends pas C.Q. en pitié. Il fallait choisir entre lui et H.H., et il était indispensable que H.H. survive au moins quelques mois de plus pour te faire vivre à jamais dans l'esprit des générations futures. Je pense aux aurochs et aux anges, au secret des pigments immuables, aux sonnets prophétiques, au refuge de l'art. Telle est la seule immortalité que toi et moi puissions partager, ma Lolita.»
 

Mon avis: Quand j'ai lu les premières pages de Lolita, j'ai été tout de suite rebuté. Non pas tant par le thème qui peut en choquer plus d'un que par le style de Nabokov, vulgaire et soutenu à la fois. Après quelques pages d'adaptation, j'ai accroché au style, je l'ai aimé, savouré, le crû de certains mots, l'invention d'autres (nympholâtre), puis Nabokov nous plonge avec horreur dans cette aventure où Humbert Humbert nous conte sa vie, son dessein: Lolita, cette nymphette de douze ans qu'il rêve de posséder charnellement, de leur road-trip, etc.
Il y a peu à dire, à part que je comprends qu'aujourd'hui encore on soit choqué par cet ouvrage qui est pourtant une merveille littéraire. Il est à la fois destructeur car racontant la vie d'un pédophile à la première personne, et d'un pédophile très instruit, un grand séducteur, l'homme qui en apparence pourrait très bien dîner en ville avec vous, discuter de peinture, d'opéra, de cinéma. Un monsieur plus-que-tout-le-monde: un monsieur gendre-idéal; le diable au visage d'ange. Et, ce livre est aussi une réussite stylistique car la manière d'écrire de Nabokov est fluide, avec un rythme endiablé (malgré quelques longueurs) et surtout, que cette plume est vivante! on vit cette aventure, on entend Humbert parler.

Un classique contemporain.


Challenge classique 3